De l’autre côté, un vagabondanémique, aux vêtements usés, aux semelles trouées, qui avait acheté des petitspains aux saucisses sans prévoir qu’il ne les mangerait pas !

Van Damme devait avoir trouvé unautre compagnon pour l’apéritif du soir, dans une même atmosphère de musiqueviennoise et de bière.

A six heures, un casier métalliqueroulerait sans bruit, se refermerait sur le corps nu du faux Jeunet, et lemonte-charge l’acheminerait vers la glacière dont il occuperait jusqu’au lendemainun compartiment numéroté.

Maigret se dirigeait vers la PolizeiPraesidium. Des agents, le torse nu malgré la saison, faisaient de lagymnastique dans une cour entourée de murs d’un rouge cru.

Au laboratoire, un jeune homme auxyeux rêveurs l’attendait près d’une table où tous les objets ayant appartenu aumort étaient rangés, ornés d’étiquettes.

Il parlait un français correct,appliqué, mettait son orgueil à trouver le mot juste.

Il commença par le complet grisâtreque Jeunet portait au moment du suicide, expliqua que les doublures avaient étédécousues, toutes les coutures examinées et qu’on n’avait rien découvert.

— Le costume sort de laBelle-Jardinière à Paris. Le tissu comporte cinquante pour cent de coton. C’estdonc un vêtement bon marché. On a relevé des taches de graisse, entre autres degraisse minérale qui semble indiquer que l’homme a travaillé ou s’est trouvéfréquemment dans une usine, un atelier ou un garage. Son linge ne porte aucunemarque. Les chaussures ont été achetées à Reims. Même observation que pour lecostume : qualité vulgaire, fabrication en grande série. Les chaussettessont des chaussettes en coton comme les camelots en vendent à quatre ou cinqfrancs la paire. Elles sont trouées, mais n’ont jamais été ravaudées.



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